Dschang : Emile Temgoua, 60 jours à l’intérim entre continuité et attentes inassouvies

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  • Rédigé Par MenouActu    


  • Mis a jour 06/06/26 à 12:49

Deux mois après l’hommage rendu à Jacquis Gabriel Kemleu Tchapgou, inhumé à Tsinkop, Foto, la mairie de Dschang vit sous un intérim qui divise autant qu’il interroge.


Le professeur Emile Temgoua, premier adjoint devenu maire par intérim, a hérité d’une commune en deuil et d’une mandature rebaptisée « de la réconciliation ». Depuis mars, il marche sur un fil : poursuivre l’action, imprimer sa marque, et préparer l’après.


Une continuité assumée, des méthodes critiquées

Mars à juin 2026 : le rythme de terrain ne s’est pas ralenti. Descentes répétées, communication active, reprise des « jeudis propres » et gestion des déchets. Sur le papier, la continuité est là. Dans les faits, l’observateur note une reproduction des codes de l’ancienne équipe : communication centrée sur la personne du maire, banderoles de sensibilisation affichant uniquement son effigie, et une impression de personnalisation de l’action publique.


« Un exécutif se compose du maire et des adjoints. Où sont les autres visages ? », s’interroge un conseiller municipal. La question revient dans les couloirs de l’hôtel de ville : la stratégie de communication sert-elle l’équipe municipale ou la visibilité individuelle de l’intérimaire ? La même interrogation porte sur la gestion interne. Des employés font état de demandes d’explications jugées malvenues, notamment lorsqu’un conseiller pressenti pour la succession se présente à la mairie.


Bilan : entre relance et sentiment d’inachevé

Sur le terrain, deux axes ressortent. D’abord, l’assainissement. La relance des opérations de salubrité est visible, mais Dschang reste perçue comme sale par une partie de la population. L’initiative n’est pas nouvelle : d’autres leaders politiques et acteurs de la société civile l’avaient portée avant lui. Le reproche qui remonte est celui d’un manque de co-construction. « Il ne manquait qu’à soutenir et travailler avec ceux qui étaient déjà mobilisés contre l’insalubrité et l’insécurité », confie un acteur associatif.


Ensuite, les projets gelés. Sous l’intérim de Temgoua, Dschang a vu sa caserne équipée de sapeurs-pompiers et certains dossiers ressortir des « fonds baptismaux ». Des signaux positifs pour une ville qui avait besoin de relancer sa machine administrative.


Double casquette : la question du cumul

L’autre point de friction tient à la double fonction du maire intérimaire. Président de section RDPC en poste, Emile Temgoua doit jongler entre la gestion communale et la vie partisane. Depuis le décès de Jacquis Kemleu, le RDPC local cherche à se ressaisir. En deux mois, quelle remobilisation concrète ? L’intérimaire a-t-il la capacité, le temps et la volonté de gérer simultanément militants et personnel communal ? Dans l’opinion, le doute s’installe : la mairie offrirait-elle plus de marges de manœuvre que la section, où il faut investir sans retour immédiat ?


Trois griefs reviennent avec insistance : reproduction des habitudes de management critiquées de l’ancien maire, concentration de l’activité à la mairie au détriment du parti, et communication perçue comme autocentrée.


L’après-intérim se précise

Le calendrier politique s’accélère. Selon des sources internes, une session extraordinaire pour l’élection du nouveau maire titulaire devrait être convoquée cette semaine, avec un préavis d’environ deux semaines pour les conseillers. Les candidatures commencent à se structurer.


Le nom de Sa Majesté Donfack Beaudelaire revient avec insistance. Présenté comme une figure capable de stabiliser, il incarnerait pour certains une rupture avec les errements des deux dernières gestions. Son arrivée permettrait, selon cette lecture, au RDPC de se recentrer et à Emile Temgoua de se consacrer à la reconstruction de la section.


Mais l’équation politique locale est complexe. Le recteur de l’Université de Dschang et le sénateur sont originaires de Foreke-Dschang. Le  député et l'ex-maire  sont de Foto. L’équilibre entre groupements devient un paramètre incontournable du choix final. « Beaudelaire serait le meilleur risque », dit-on dans un camp. « Et les autres groupements, alors ? », rétorque l’autre.


Entre espoir et prudence

À l’intérieur de la commune, l’image d’Emile Temgoua reste contrastée. Pour certains, il incarne un maire de terrain, présent, volontaire. Pour d’autres, il prolonge une méthode qui a déjà montré ses limites : centrage sur la personne, gestion partisane de l’administration, faible inclusion des partenaires locaux.


L’observateur averti retient ceci : l’intérim a évité la paralysie. Il a relancé des dossiers et maintenu une présence sur le terrain. Mais il n’a pas dissipé le sentiment d’une occasion manquée de rupture symbolique et de réconciliation réelle avec l’ensemble des forces vives de Dschang.


La décision appartient désormais au conseil municipal. Dans les prochaines semaines, les conseillers devront trancher : continuité avec ajustements, ou bascule vers une autre figure capable de recoller les morceaux. En attendant, Dschang observe, entre lassitude et espoir discret d’un nouveau départ.

Par SM pour le journal citoyen Menouactu https://www.menouactuweb.com


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