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- Rédigé Par MenouActu Suivre @MenouActu
- Mis a jour 13/07/26 à 12:33
Trois mois après la disparition de Jacquis Gabriel Kemleu Tchapgou, la salle des actes va décider si la mairie de Dschang remonte sur le podium ou quitte définitivement le ring.
Mercredi 15 juillet 2026, à 10h précises, la salle des actes de la commune de Dschang va vibrer. Elle accueillera la session de plein droit la plus attendue de l’année : l’élection du nouveau maire, en remplacement de Jacquis Gabriel Kemleu Tchapgou, décédé le 30 mars dernier.
Entre les mains des 37 conseillers municipaux repose l’avenir immédiat de la cité universitaire. Au-delà du bulletin, c’est l’âme de Dschang qui sera interrogée : continuité, expérience, ou rupture ?
Un fauteuil, trois géographies, une équation politique
Le siège laissé vacant renvoie à trois territoires. Le maire défunt était originaire de Tsinkop. Pour lui succéder, deux figures se détachent dans les discussions.
D’un côté, Sa Majesté Beaudelaire Donfack, chef traditionnel de 3e degré de Ndenkop, groupement Foto. Ancien adjoint au maire de 2007 à 2013, puis maire de 2013 à 2020.
De l’autre, le Pr. Emile Temgoua, adjoint au maire depuis 2013 et maire par intérim depuis le 6 avril 2026 par arrêté préfectoral. Il est originaire de Banki, groupement Foreke-Dschang.
La répartition du conseil pèse lourd dans l’équation : 12 conseillers originaires du groupement Foto, 7 de Foreke-Dschang, 5 de la zone F4, le reste pour le centre urbain. Une géographie qui alimente les débats de couloir : la mairie doit-elle rester à Foto ou basculer vers Foreke-Dschang ?
Le dossier "expérience" : Dschang sur le podium national
Le nom de Beaudelaire Donfack revient avec un argument chiffré : la performance communale. Sous sa mandature 2013-2020, Dschang est montée deux fois consécutives sur le podium du concours "Guichet Performance" du FEICOM.
En 2016, 2e prix national pour la création de l’Agence municipale de l’eau et de l’énergie. En 2019, 3e prix national pour la gestion et la valorisation des déchets solides. Des distinctions qui se sont traduites par des financements directs dans les caisses communales.
À son actif figurent aussi : l’installation de 91 lampadaires solaires avec l’appui KFW-FEICOM pour 184 millions FCFA, la réhabilitation de voiries urbaines avec le MINHDU à hauteur de 2 milliards FCFA, et la mobilisation de plus d’1 milliard FCFA via la coopération décentralisée en 3 ans. Pour ses partisans, la preuve d’une capacité à "faire entrer l’argent frais".
Le dossier "intérim" : volonté affichée, zone d’ombre
Nommé maire par intérim, le Pr. Emile Temgoua a, en quelques mois, posé des actes : réunion du 23 juin 2026 pour lancer l’opération "Plus de 200 permis de bâtir", nettoyage de la décharge du camp camion et rétablissement de la fourniture en électricité de la commune après un plan d’apurement d’une dette de 200 millions FCFA.
Pour ses soutiens, le passage de l’adjoint à l’exécutif change la donne : "Ce qu’on peut faire en tant qu’adjoint est limité".
Mais une phrase prononcée lors du vote du compte administratif 2025 fait débat : "C’est maintenant, en 2026, que je prends connaissance de la mairie". Comment un premier adjoint en poste depuis 2020 découvre-t-il l’exécutif en 2026 ? La question taraude plusieurs conseillers. L’intérimaire promet-il une reprise à zéro ou la poursuite de l’œuvre laissée ?
2020 en mémoire : le spectre du "gombo" et la colère dans l’urne
L’élection de 2020 reste une référence douloureuse. Entachée de soupçons d’achat de conscience, elle a permis d’installer un exécutif dont le plus gros scandale a été l’affaire Saptrans : 28,5 millions FCFA de dommages mis à la charge de la commune. Résultat, une distance grandissante entre la population et l’hôtel de ville.
Une mandature qualifiée par certains élus de "mandature des défis", mais des défis qui ont pourri le quotidien des populations de Dschang.
À quatre mois des élections municipales, le RDPC joue sa crédibilité locale. Les conseillers savent que Dschang observe. Les réseaux sociaux et les sondages locaux montrent une population exigeante : eau, routes, lumière, paiement des salaires des agents communaux.
La question du 15 juillet : quel cap pour Dschang ?
Mercredi, il n’y aura pas d’abstention possible. Le préfet a fixé le cap de l’intérim : gestion saine, dialogue social, réconciliation.
Les conseillers auront donc trois lectures :
Voter pour "organiser les funérailles de la commune une bonne fois", selon l’expression qui circule.
Voter pour l’expérience d’un ancien maire déjà primé au plan national.
Voter pour la continuité incarnée par l’intérimaire qui veut "planifier la ville au lieu de la subir".
De Tsinkop à Ndenkop, la mairie doit-elle rester à Foto ? Ou de Tsinkop à Foto pour Banki, dans le groupement Foreke-Dschang ? La question n’est plus seulement celle d’un village. Elle est celle d’une ville de plus de 100 000 habitants qui veut remonter sur le podium.
Le 15 juillet, dans la salle des actes, Dschang ne va pas seulement remplacer un maire. Elle va choisir si elle veut remonter sur le ring, ou en descendre définitivement.
Par SM pour le journal citoyen Menouactu




